Mercredi 20 septembre. Ce matin direction pour le village de Craco à 1 heure de route de Matera. Craco est un village perché au sommet d'une montagne qui a été evacué en 1963 par le gouvernement Italien sous pretexte que les risques d'effondrement des habitations étaient trop élevés en cas de tremblement de terre. Les politiciens ont profité pleinement de l'occasion pour accorder des contrats lucratifs pour la reconstruction d'un village au.bas de la montagne pour reloger les habitants. Depuis le village est abandonné. Au fil de ans et des etudes il a été établis que les dommages constatés sur les batiments étaient plus en lien avec les derangements de la nappe phréatique sous la montagne et que les risques associés aux tremblements de terre n'étaient pas pire qu'ailleurs sur le territoire. Le mal est fait et le village abandonné dépéri. Il est maintenant ceinturé de clotures pour éviter le pillage et limiter les risques d'accident car l'équilibre des batisses y est réellement précaire faute d'entretien. Il est utilisé occasionnellement comme lieu de tournage. Ainsi le film La Passion mettant en vedette Mel Gibson produit par Georges Lucas y fut tournée pour évoquer l'environnement de La Palestine antique. Quelques scenes du film Quantum de James Bond y furent tournées. Un comité souhaite redonner un second souffle au site en y organisant des visites guidées sous excorte. C'est à cet activité que nous participons. Un guide nous fait franchir la barriere apres nous avoir fait signer une décharge de responsabilité et nous avoir assujetti un casque de sûreté sur la tête. Absolument fascinant cette visite dans ce village en ruine desserté. Les scenes d'intérêts pour la photographie sont magnifiques. Encore toute aussi magnifiques sont les paysages des vallées en contre bas. Le guide ne s' exprime qu'en Italien. Heureusement une des membres du groupes traduit en anglais pour nous et pour un couple de jeune marié Allemand. Cette visite dans le temps n'est pas sans me rappeler la fermeture sauvage par notre gouvernement des villages de l'arrière pays Gaspésien.
Je me rappelle la chanson de Gaston Mandeville "le vieux du Bas du Fleuve" Pour l'écouter copier ce lien :
https://youtu.be/sZvooesvXlA
Voici les paroles:
Le vieux du Bas-du-Fleuve ♪
Y avait un vieux dans l'Bas-du-Fleuve
Avec une terre de trente arpents
Un poêle à bois, une charrue neuve
Trente-six cochons et onze enfants
Y s'est levé un bon matin
Une cicatrice sur son terrain
Les yeux pleins d'eau y a dit "calvaire!
On est en train d'voler ma terre"
Quand t'es ben tranquille chez vous
Assis à compter les hivers
Pis à t'mêler d'tes affaires
J'ai d'quoi su'l'coeur
Mais j'ai pas l'coeur
À te l'dire
Y avait un vieux dans l'Bas-du-Fleuve
Avec un coeur de trente arpents
On l'a tué à coups d' tracteur
Le sang a coulé par en-dedans
Sa femme est là pis qui dort pus
Un coup parti les p'tits non plus
Le douze à sel c'est passé d'mode
On peut pas éviter l'exode
Quand t'es ben tranquille chez vous
Assis à compter les hivers
pis à te mêler de tes affaires
j'ai de quoi su l'coeur
J'ai pas de coeur à te l'dire
Y avait un vieux dans le bas du fleuve
Avec des rêves de trente arpents
Sort sa charrue pendant la nuit
À grands coups de poing laboure son lit
Y avait un vieux dans l'Bas-du-Fleuve
Qui était caché dans l'fond d'un bas
Dans l'fond du Bas-du-Saint-Laurent
Où c'est qu'y en a qui passent par là
Quand t'es ben tranquille chez vous
Assis à compter les hivers
Pis à t'mêler d'tes affaires
J'ai d'quoi su'l'coeur
Mais j'ai pas l'coeur
À te l'dire
Quand t'es ben tranquille chez vous
Assis à compter les hivers
Pis à t'mêler d'tes affaires
J'ai d'quoi su'l'coeur
Mais j'ai pas l'coeur
À te l'dire
Une visite pleine d'émotion et d'images spectaculaires.
Suite de la journée, direction Civita où nous passerons les deux prochaines nuits. Civita est une destination meconnue. Elle ne figure sur aucune destination touristique traditionnelle. Le village peuplė d'Italo-Albanais est situé aux portes du Parc national du Pollino. Il se dresse sur un éperon rocheux face aux 700 metres de falaises des gorges du Raganello. Ici les amateurs d'escalade et de randonnées se donnent rendez-vous pour affronter cette nature rude et sauvage mais aussi pour approcher la culture Albanaise. Les gens sont acceuillants, le vin est bon. la nourriture exceptionnelle.
Nous decouvrons le village et ses cheminées aux formes étranges qui coiffent les habitations. Ici un artiste contenporain de Picasso à créé un style unique en soulignsnt l'architecture de la devanture de certaines maison pour les faire paraître à l'image d'un visage humain. La porte représentant la bouche, deux petites fenetres symetriques au-dessus représentants les yeux et un détails de facade pour le nez. Cet artiste Albanais se nomme Ibrahin Kodras, un artiste d'une grande réputation. Nous arpentons les rues de la ville pour admirer et photographier facades et cheminées. Demain nous affronterons la montagne.
Ce soir nous mangeons dans un resto de la place. La soupe à la verdure et haricots, les tagliatelles aux porcinis, la chicorée fondue, le ragout de chèvre Albanais à la mode de Civita et le vin du pays font de ce repas du soir un festin mémorable. Un brin d'ivresse guide mes pas quelque peu chancelant, pas trop, lors de notre marche de retour vers notre confortable gite pour la nuit.
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